CARROSSERIE

On touche là à un vaste projet, qu'on subdivisera selon la logique de restauration : d'abord le travail sur les deux demi-caisses, puis par la suite la réunification autour des portes par l'ajout de nouveaux planchers et longerons. En parallèle, ne pas oublier les ailes et les ouvrants, qui sont loin d'être parfaits et vont également demander du travail.

Note : Pour les aspects spécifiques à la TR4, je recommande le site de Dave Connitt, très bien documenté.


Sommaire des travaux de carrosserie

  Demi-caisse avant
  Demi-caisse arrière
  Sablage
  Réunification des demi-caisses
  Mise en apprêt
  Ailes et ouvrants
  Dressage/Surfaçage


LA DEMI-CAISSE AVANT

L'avant qui ne semblait à première vue ne pas recquérir trop d'attention mis à part les supports d'aile (1) risque de s'avérer assez fastidieux du fait de la structure complexe du tablier avant, de la batterie (3) dont l'acide a généralement tout bouffé autour, et des coins et recoins sous le tableau de bord dont le drainage laissait à désirer. Enfin, tout le bouclier était dessoudé (2) lorsque j'ai acheté la TR4 et cette partie devra être préparée, réalignée avec le capot et ressoudée.


Afin de me faire une meilleure idée, je commence par enlever le blackson et faire un peu de ménage. Pour ce faire je passe la caisse sens dessus-dessous, elle a l'air aussi à l'aise qu'une tortue sur le dos! Le déblacksonnage n'est pas trop compliqué, un chalumeau, une spatule et un peu de patience. J'en profite pour dépointer les restes de plancher et de longeron (4) qui m'empêchent de bien voir les points de jonction, mais là je ne me fais pas d'illusions !


Je suis quand même à chaque fois impressionné par la qualité du blackson d'origine, qui révèle une fois oté une peinture intacte après 40 ans (les traits blancs sont dus à ma spatule, sinon le vert bouteille serait immaculé) ! Le problème n'est pas au niveau des produits, mais bien de leur application et des choix d'assemblage. Ainsi, le blackson était semble-t-il appliqué après assemblage par un employé peu zêlé, résultant en une couche insuffisante vers les bords d'aile. C'est donc dans cette zone que la corrosion a fait son oeuvre funeste.
En illustration de ce principe, le côté droit a du être pulvérisé avant la pose déjeuner car la couche de blackson était significativement plus fine que de l'autre côté, occasionnant plus de dégats. Résultat : le bord d'aile (2) est troué sur toute la longueur et le sommet du passage de roue (1) a pris l'eau alors que de l'autre côté le bord d'aile est récupérable. Au niveau des points d'ancrage sur le chassis (3), ça cloque pas mal.
Aie c'est pas beau du tout ! En y regardant de près, la patte de fixation est doublée par une seconde tole soudée derrière. A l'assemblage, les points de soudure n'ont pu suffire à une parfaite étanchéité. J'ai vérifié dans le manuel d'atelier, cette zone n'est pas répertoriée pour la pose de joint, l'humidité s'est donc trouvée bien à l'aise entre les deux toles et a fini par cloquer et perforer le support, par l'intérieur !
Du côté du tablier avant, et plus particulièrement autour de la batterie, la zone montre une corrosion importante. Je vais décaper pour atteindre la tole saine et déterminer l'étendue des toles à remplacer.
Les travaux en détail

  Pattes de fixation au chassis
  Jonction plancher
  Compartiment moteur
  Support d'aile
  Pattes de fixation du capot
  Calandre


LA DEMI-CAISSE ARRIERE

On l'a vu lors de l'examen initial, la partie arrière nécessite les travaux suivants :
(1) montants de porte pourris, (2) arêtes des ailes à refaire, (3) feux AR rouillés à changer, (4) blackson à retirer.


L'examen du véhicule avait rapidement montré que sous des apparences correctes, la grosse couche de mastic masquait des arêtes d'aile arrière complètement rouillées. Ce bord d'aile sur lequel est boulonnée l'aile extérieure était le point de jonction de l'aile intérieure et du pourtour de malle arrière. Les toles ainsi mises en contact étaient soudées par point. Il n'en reste aujourd'hui plus grand chose. Il faut découper tout le rebord et façonner un remplacement.
Que ce soit pour le feu arrière, le montant de porte ou la ligne d'arête de l'aile, toutes les mesures d'alignement doivent être réalisées par rapport à l'aile, que je tiens à disposition et que je monte à blanc aussi souvent que cela d'avère nécessaire pour prendre mes repères.


Les travaux en détail

  feu arrière gauche
  montant de porte gauche
  aile arrière gauche
  coffre / soubassements
  feu arrière droit
  montant de porte droit
  aile arrière droite
 

SABLAGE

Une fois les travaux terminés sur les deux demi-caisses, celles-ci peuvent être sablées et apprêtées. On pourrait également effectuer d'abord le travail de réunification des demi-caisses autour des planchers avant de sabler, mais le transport est plus aisé avec deux demi-caisses.

Avant de sabler toutefois, un travail de préparation s'impose. Tout d'abord, toute trace de blackson et de joint doit être enlevée. Le blackson avait déjà été retiré mais il reste pas mal de joints dans le coffre etc..

Ensuite il faut protéger avec du "power tape" les parties qui ne seront pas sablées, ou qui sont trop fragiles pour l'être. Je décide de protéger tous les bords qui seront soudés sur les planchers et que je peux décaper facilement moi-même.


Enfin, il faut préparer des supports pour protéger la caisse et en faciliter les manipulations. Pour cela, je réalise des protections en tubes profilés que je fixe aux quatre coins de chaque demi-caisse sur des supports solides : fixation de capot AV, charnières de portes, points de fixation de la caisse au chassis etc... Ainsi, il est possible de poser chaque demi-caisse sur ses supports, horizontalement et latéralement, sans faire toucher les éléments sensibles. C'est utile et rassurant.


Voilà, les demi-caisses sont prêtes à prendre la route pour le sableur !

10 jours plus tard, le même cliché pour le retour du sablage. Le seul truc, c'est que les caisses ont une belle couleur verte une peu nauséabonde, la primaire de protection pour éviter la corrosion foudroyante de nos contrées belges !

Pas de grande surprise à première vue, quelques petits trous sanctionnent un meulage un peu trop appuyé, des traces de clous de tirage sur le bouclier arrière témoignent d'un léger choc arrière, à part ça rien de particulier.

Me voici désormais prêt pour le moment tant attendu, celui qui fera enfin ressembler ces assemblages absurdes de tôle à une vraie voiture : la réunification des deux demi-caisses autour des longerons et planchers ! Opération délicate mais que j'aborde avec motivation et impatience, un an et demi après le début des travaux !


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